TRIDACNE ou BÉNITIER, c'est comme vous voulez.
Aujourd’hui c’est d’un coquillage bien particulier que je vais vous parler. Nous avons rapporté ce coquillage de Nouvelle Calédonie, le mien est d’une petite taille,mais il en existe des géants.
Les bénitiers sont des mollusques considérés comme les plus grands coquillages bivalves de son espèce.
La nature a décidément encore beaucoup de choses à nous apprendre. Saviez-vous par exemple que les bénitiers géants cultivaient dans leur coquille un écosystème singulier d'algues leur permettant de profiter sans effort d'une centrale solaire biologique ?
Avec une largeur de 1.5 m, les plus grands spécimens de bénitier peuvent dépasser le poids de plus de 250 kg à 300 kg. Ce mollusque ne possède pas de pieds contrairement aux coquillages. Ils vivent en se fixant sur les substrats, ils sont retournés de 180° dans leur coquille par rapport aux autres coquillages normaux. Ils possèdent des manteaux très colorés que l’on aperçoit lorsque ses valves sont légèrement écartées. Les manteaux peuvent se parer de différentes couleurs allant du bleu, rouge, vert, violer, gris, blanc jusqu’au doré.
Les bénitiers sont constitués par 8 espèces différentes regroupées en deux genres différents, les Hippopus et les Tridacna. Les hippopus sont reconnaissables à leur coquille incurvée vers l’extérieur, il atteint une taille d’environ 40 cm. On les retrouve sur les plages.
Les Tridacna quant à eux regroupent plusieurs espèces avec des espèces de petite taille d’environ 15 cm et d’autres qui peuvent atteindre un mètre. Les tridacnas vivent en grands groupes.
Les bénitiers vivent en grands groupes dans les eaux tropicales qui sont pauvres en nourriture. Ils arrivent à se nourrir en entrant en symbiose avec des algues qu’ils hébergent dans leurs manteaux. Les algues sont ensuite transportées par des cellules sanguines et digérées.
Les bénitiers sont des espèces à croissance lentes et atteignent leurs maturités sexuelles vers l’âge de 3 ou 7 ans. Les gamètes males sont émis en premiers suivis ensuite par les gamètes femelles. Il n’existe pas d’autofécondation pour ces espèces. Les larves éclosent 12 heures après fécondations et se métamorphosent toutes les 12 heures, jusqu’à ce qu’elles soient assez grandes pour absorber de la nourriture. L’hippopus peut disperser des oeufs et des gamètes dans l’eau, mais bien qu’hermaphrodite, il ne peut pas s’autofertilé. Il faut la ponte synchronisée de deux individus pour que la fécondation soit possible.
On les retrouve dans les eaux tropicales de l’indopac
ifique. Ils se regroupent dans les récifs peu profonds en mer Rouge, en mer d’Arabie sur des récifs coralliens. Ils vivent généralement dans les profondeurs entre 50 cm et 15 m.
Ce sont des espèces très recherchées, ce qui fait que leurs surpêches font d’eux des animaux sensibles. 4 espèces de bénitiers sont déjà considérées comme « vulnérable » sur la liste rouge de l’UICN comme l’espèce Tridacna derasa, Tridacna gigas, Tridacna mbalavuana et Tridacna rosewateri qui sont en danger d’extinction.
Les bénitiers les plus rares ne doivent pas être pêchés. Les autres espèces plus communes peuvent être récoltées, mais pas plus de 2 bénitiers par sortie et par bateau. La taille minimale d’exploitation des bénitiers est de 12 cm. Pour la pêche, vous pouvez le pêcher à pied ou avec la technique de la pêche sous-marine. Il vous est recommandé toutefois de vous munir de tournevis ou un piquet en fer et faire levier pour les extraire.
Rien qu’une légende Cet animal jouit d'une mauvaise réputation: la légende dit qu'il pourrait happer le bras ou la jambe d'un plongeur et ne plus les lâcher. Une simple observation de la biologie de cet animal montre qu'il est totalement incapable de faire de mal à quiconque. A cela deux raisons : la première vient du fait que notre géant débonnaire ne peut se refermer sur une proie éventuelle sans se blesser lui-même en pinçant la chair de son manteau qui déborde de la coquille, ce mouvement lui demandant plusieurs minutes. La deuxième raison vient du fait que le tridacne est végétarien.
Prédateurs : Les principaux prédateurs sont : • Les vers Néreis et Eunice qui percent où se glissent par un des syphons et le dévorent. • Les poissons perroquets. • Certains labres comme le labre clown. • Les escargots de la famille des Pyramidellides : Pyrgiscus, Tathrella et Turbonnilla. • Des crabes parasites comme les Xantidae et les Portunidae • Le bernard l'ermite Mais l’homme est aussi un prédateur du bénitier. Ses muscles adducteurs sont appréciés en Asie et surtout au Japon et sa coquille sert même pour certaines constructions. Considéré comme le plus gros bivalve du monde, le Tridacna gigas, est une espèce comestible mais protégée car particulièrement en danger. Sincèrement je n’en mangerai pas ….. beurk ,beurk !!!
Ces organismes hors du commun par leurs tailles et superbes de par leurs couleurs variées sont importants, au même titre que nombre d’espèces, pour le maintien des écosystèmes récifaux.
EN PRIME : l’origine de l’expression « grenouilles de bénitier » Cette appellation est quelque peu péjorative. Elle désigne toutes ces personnes trop croyantes qui passent une bonne partie de leur existence en dévotions et à l'église et plus particulièrement les femmes misogynes. Elle vient, bien entendu, de ces bénitiers placés à l'entrée des églises. On imagine bien alors que ceux qui passent leur temps là, à proximité du bénitier, y sont aussi confortablement et durablement installés que les grenouilles dans leur mare. Mais on trouve aussi dans cette expression une allusion aux bavardages futiles et aux cancans qu'échangent généralement ces grenouilles-là, tout comme celles qui coassent dans leur marigot.