Trois livres pour célébrer la nature et la vie au grand air
Enfermés, sous couvre-feu ou confinés... Nous aspirons tous à nous aérer et à ouvrir grand les fenêtres. Voici trois livres pour s'évader à la rencontre des beautés de la nature.
Comment s’évader dans un monde rétréci par l’épidémie? Alors que musées et cinémas sont fermés, il nous reste les chemins de randonnée, les parcs, les forêts et les livres. Les écrivains nous offrent des voyages intérieurs et de merveilleuses échappées dans une nature entière, tour à tour sauvage, lumineuse et quelquefois préservée. Venez, les artistes vous invitent à cheminer à leurs côtés. Voici trois grands textes contemporains qui feront surgir les beautés du monde naturel autour de vous.
Pèlerinage à Tinker Creek d’Annie Dillard

Vous ne connaissez pas ce livre? Vous aurez la chance de découvrir cette élégie à la nature qui valut à la poétesse et écrivaine américaine Annie Dillard de décrocher le prestigieux prix Pulitzer en 1975. Alors âgée de trente ans, elle y raconte ses montagnes bleues de Virginie, un espace naturel presque libéré de toute présence humaine où "tout est bon à regarder". De saison en saison, elle note avec une exquise économie de mots tout ce qu'elle découvre a Tinker Creek: accouplement des mantes religieuses, envol d'un canard sylvestre au bord de la rivière Tinker où se trouve sa maison. Lumière, eau, animaux, floraison… lors de ses marches quotidiennes, "il y a des tas de choses à voir, des cadeaux sans emballage, et des surprises gratuites". Au bonheur sans mélange que nous procure la lecture de "Pèlerinage a Tinker Creek"* s’ajoute la redécouverte d’une harmonie possible entre l’homme et son environnement.
Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson

La vie à la dure, Sylvain Tesson a eu envie de s'y frotter et l’a vécu. En 2010, il décide de tout quitter et de s’installer en Sibérie pour savoir s’il a encore une vie intérieure. L’écrivain voyageur raconte cette expérience l'année suivante dans son ouvrage "Dans les forêts de Sibérie"*, couronné d’un prix Médicis essai. Pendant plusieurs mois, Sylvain Tesson quitte la société et vit en ermite dans une isba isolée installée près du lac Baïkal. Entouré d’une nature d’une rudesse inouïe, aidé par des litres de vodka, indispensable pour supporter solitude et froid polaire, il apprend à pêcher, couper du bois, se protéger de l’ours, observer le renard… Ici, pas d’idéalisation du monde naturel, mais un corps à corps stupéfiant à lire pour le lecteur du XXIe siècle habitué au confort moderne. Bouquins et cigares et quelques rencontres savoureuses sont tout de même les indispensables compagnons de cette quête très personnelle.
Une année à la campagne. Vivre les questions de Sue Hubbell

Commençons par la fin. Sue Hubbell est décédée en 2018 à 83 ans. Son nom ne vous dit sans doute rien puisque cette écrivaine par ailleurs biologiste et bibliothécaire n’a été traduite chez nous que pour un seul de ses textes, "Une année à la campagne"*, un petit miracle de beauté. À l’âge de 35 ans, cette Américaine décide de changer de vie et de tout quitter pour élever des abeilles en plein cœur des monts Ozzarks, grandiose région de montagne au centre sud des États-Unis. Elle tire de cette expérience ce livre touchant. Avec son mari (qui va la quitter), elle s’immerge dans une vie d’apicultrice, s’abandonne à l’observation du monde naturel, des insectes (papillons et autres aoutats), coqs, chiens et autres coyotes. L’Eden est-il au rendez-vous pour cette adepte du retour à l’essentiel? Rien n’est moins sûr et c’est (aussi) ce qui est beau dans ce court voyage au fil des saisons.
A VOUS DE CHOISIR POUR VOUS ÉVADER
Bonne journée à tous
Bertille
