2021 sera l'année Brassens !
On célèbre cette année le centenaire de la naissance de l'auteur-compositeur (le 22 octobre 1921), mais on commémore aussi les 40 ans de sa mort (le 29 octobre 1981).

BRASSENS
Figure emblématique de la chanson Française.
Ses textes sont étudiés en classe, à l’égal des plus grands poètes. Aujourd’hui, toutes les générations écoutent son message engagé, dénonçant l’hypocrisie de la société. Un quart de siècle après, Brassens est plus que jamais d’actualité.

Georges Brassens est né dans un quartier populaire du port de Sète. Il est entouré de sa mère Elvira, de son père Jean-Louis, de sa demi-sœur Simone et de ses grands-parents paternels, Jules et Marguerite. Sa mère, originaire de Marsico Nuovo dans la région de Basilicate en Italie du sud, est une fervente catholique, quant à son père, entrepreneur de maçonnerie, il est un homme paisible, généreux, libre-penseur, anticlérical et doté d'une grande indépendance d'esprit. Deux caractères qui s’opposent et qu'une chose réunit : le goût de la chanson.

En 1936, Georges Brassens s'ouvre à la poésie grâce à son professeur de français. L’adolescent s’enhardit et lui soumet quelques-uns de ses bouts rimés. Loin de le décourager, l'enseignant lui conseille plus de rigueur. À la poésie et à la chanson populaire s’ajoute sa passion pour les rythmes nouveaux venus d’Amérique En France, Charles Trenet sera son modèle. Des airs italiens (« O sole mio.. ») chantés par sa mère, en passant par Charles Trenet, Tino Rossi, Ray Ventura ou Mireille, tout est bon à entendre et à comprendre. A quinze ans, il écrit ses premières chansons sur des musiques de Trenet et sent des airs de swing titiller ses trouvailles. La mode du jazz-band, venue d’Outre-Atlantique et popularisée en France par Ray Ventura, marquera pour toujours la rythmique de Brassens.
Brassens aurait pu devenir maçon auprès de son père mais, peine perdue, il persuade ses parents de le laisser tenter sa chance à Paris.
Chez sa tante, il se met au piano et passe ses journées à la bibliothèque municipale du quartier. Conscient de ses lacunes en matière de poésie, il apprend la versification et lit Villon, Baudelaire, Verlaine, Hugo et tant d’autres. Il acquiert ainsi une grande culture littéraire qui le pousse à écrire ses premiers recueils de poésie : Les Couleurs vagues, Des coups d'épée dans l'eau, annonçant le style des chansons à venir.

En 1951, Brassens rencontre Jacques Grello, chansonnier et pilier du Caveau de la République qui, après avoir écouté Brassens, lui offre sa propre guitare et lui conseille de s'accompagner seul sur scène. Ainsi il l'introduit dans divers cabarets pour qu'il soit auditionné. Sur scène, Brassens ne s’impose pas. Intimidé, paralysé par le trac, suant, il est profondément mal à l'aise. Il évoque une préférence pour l'écriture et préférerait que des chanteurs accomplis interprètent ses textes.Le 8 juin, parrainé par Marcel Pagnol et Joseph Kessel, l'Académie française lui décerne le Grand Prix de poésie pour l’ensemble de son œuvre. Brassens en est honoré mais pense ne pas le mériter Lui qui avait comme modèle de réussite Paul Misraki, parce qu'il était chanté partout sans être connu du grand public, ne se doutait pas qu'un jour il accéderait à la renommée internationale.
On lui a consacré plus de cinquante thèses, on le chante partout : au Japon, en Russie, en Amérique du Nord, en Italie, etc. Georges Brassens, personnage d’une immense discrétion a écrit son nom dans le patrimoine artistique français, sont style poétique fait de mélodies simples est encore aujourd’hui dans tous les esprits.
Les réceptions mondaines le font fuir à dix lieues, quand on lui parle de succès, il hausse les épaules. « Mes chansons, dit-il, ne sont pas à moi. Elles appartiennent à tout le monde ».
Je vous donne l'occasion de découvrir des aspects méconnus d'un des plus grands chanteurs-poètes du XXème siècle. Et notamment son premier amour, pendant la guerre, avec une femme étonnante.........
Février 1940. Un jeune homme à la mise soignée se tient, une valise à la main, devant la gare de Lyon. Il vient de Sète , dans le Languedoc, et, en ces temps troublés d'une guerre qui fourbit ses armes, a choisi de se rendre à Paris. La faute à quelques actes de délinquance et à une "mauvais réputation" gagnée au pays. A la capitale, Georges Brassens est accueilli, au 173 rue d'Alésia, par sa tante, Antoinette

Ménage à trois
Cette dernière tient une pension de famille, et Georges trouve rapidement un emploi de relieur, puis un travail chez Renault. Il affirme aussi : "Non seulement il faut vivre à Paris, mais plus précisément dans le quatorzième". Il a, bientôt, une autre raison d'être enthousiaste. Antoinette a, en effet, une bonne amie, Jeanne Le Bonniec qui lui ouvre la porte de son antre insalubre.


Jeanne a près de 50 ans. Elle est mariée à un doux et généreux ivrogne, prénommé Marcel. Et, surtout, elle apprécie Brassens à tout point de vue. Le gaillard a beau avoir 19 ans et l'âge d'être son fils, elle ne le considère pas comme une mère regarderait son enfant. Georges,costaud et gentil, lui plait physiquement.Par ailleurs, sensible à l'art et à la musique, elle est bouleversée par le poète qui est en lui.

Couguar et mécène
Un drôle de ménage à trois s'instaure alors entre Jeanne et ses deux hommes. Marcel ne prend pas ombrage de la liaison entre son épouse et leur jeune protégé. Mieux ; il l'adopte comme un fils. Et malgré un autre prétendant à ce titre, il est probable que Georges a dédié à Marcel sa célèbre chanson L'Auvergnat . Jeanne, elle, va inspirer deux compositions à son amoureux :La Jeanne et la canne de Jeanne . En attendant, elle sacrifie ses maigres économies pour payer une guitare à Brassens et publier à compte d'auteur son recueil de poésie qu'il intitule "A la Venvole".

Libre... entre deux femmes
A la fin de la guerre, Brassens tombe amoureux d'une autre femme : Joha Heiman Qu'il appelle " Püppchen " ("petite poupée" en allemand). Il lui dédiera, justement, Je me suis fait tout petit (devant une poupée). Puis, refusant obstinément de l'épouser, écrira pour elle la Non -Demande en mariage . Il n'empêche : Joha sera la femme de sa vie. Celle qui, à sa mort en 1999, se fera enterrer à son côté, à Sète. Mais Georges va continuer à vivre, même célèbre et amoureux de "püppchen", impasse Florimont, dans le taudis de Jeanne. Jusqu'au milieu des années 1960. A ce moment-là, Jeanne, âgée de 75 ans et veuve de Marcel, épouse en secondes noces un homme... de 37 ans ! Pour Georges Brassens, un nouveau ménage à trois ne pouvait se concevoir... avec lui dans le rôle du barbon !
Il quitte alors définitivement l'impasse Florimont. Mais il va cultiver, jusqu'au bout, l'amitié de sa chère Jeanne...
La rue et villa Santos-Dumont : les dernières années
Connue pour ses splendides maisons années 20 et ses ateliers d’artistes (Zadkine, Léger, Brauner…), la rue Santos-Dumont a été habitée par Brassens entre 1966 et 1981, année de la mort de l’artiste. Il séjourna à deux numéros, au 42 et au 46. Sa compagne Püppchen lui rendait régulièrement visite.
Il repose désormais dans le cimetière de SETE aux cotés de sa sœur et de la femme qu'il a beaucoup aimé JOHA .....
"Ses textes, c'est de l’orfèvrerie !!!!!!